Premier roman : Bilan 1/5

Voilà maintenant cinq mois que Les Loups de Sherwood sont sortis du bois. Une sacrée aventure ! J’avais longtemps rêvé de publier. C’est chose faite. Mais comment cela s’est-il passé ?

Alors que la déferlante de la rentrée littéraire s’apprête à emporter les tables des libraires sous ses 560 nouveautés, j’ai décidé de revenir sur ce qui m’a le plus marqué dans cette expérience du premier roman en cinq articles dont voici les thèmes :

  1. LA question récurrente : « Tu as mis combien de temps à l’écrire ? »
  2. Baby blues
  3. Un roman si sombre ?
  4. Découverte : cet autre en moi.
  5. Première radio : l’effroi

 

LA question : Tu as mis combien de temps à l’écrire ?

Je n’y avais jamais réfléchi avant. Mais c’est LA question qu’on me pose le plus souvent (avec « comment as-tu trouvé l’idée ? », mais la réponse à cette question est, au mieux, confuse, au pire, chiante.). Alors ? Combien de temps ?

Accrochez-vous. (C’est une longue histoire.)

Tout d’abord, précisons que ce premier roman n’est pas le premier que j’ai écrit, mais le premier roman que j’ai publié. Il y en a eu un autre avant. On l’appellera Poil de Carotte car je suis son père et que je le renie.

La première version des loups de Sherwood était un scénario de bande dessinée (pour une BD de 46 pages). Je l’avais écrit en 2010. À l’époque, l’histoire se passait du point de vue de Marianne et s’appelait Marianne à vif. Je l’avais proposé à une demi-douzaine de dessinateurs qui l’avaient tous décliné. Certains par manque de temps, d’autres par refus d’écorcher la légende de Robin des bois.

Or, au même moment, ma boîte aux lettres croulait sous les lettres de refus pour Poil de Carotte (26 au total) qui avait eu (jusqu’ici) pour seul intérêt de me prouver que j’étais capable d’écrire un roman.

Après six mois de recherche de dessinateur pour Marianne à Vif, j’ai décidé de m’en passer et de tout « dessiner » moi même. J’ai donc repris la structure, remanié un certain nombre de scènes, fait les recherches historiques que le dessinateur aurait eu à faire à ma place (Il n’y a pas de tabac XIIe siècle, alors que fume-t-on ? Quelles essences d’arbres on trouve à cette époque dans la forêt, y a-t-il des loups en Angleterre ? Quels habits porte-t-on, etc.) Et j’ai tout réécrit en roman. C’est ainsi que le scénario de BD Marianne à vif est devenu un roman : les loups de Sherwood.

Mais c’est seulement le début de l’histoire.

Car cette première version du roman était TRÈS loin du roman publié. Elle était toujours du seul point de vue de Marianne et elle totalisait péniblement 180 pages.

Alors que ma boîte aux lettres commençait à crouler de lettres de refus pour ce second manuscrit (24 au total), mon téléphone sonne.

C’est un éditeur de chez Plon qui m’appelle. Il m’appelle pour Poil de Carotte (1 an et demi après, certes. Mais ce manuscrit n’était donc peut-être pas si nul. Je suis un père ingrat). Je le rencontre. Il aime bien le roman, mais le juge trop court. (Chose confirmée par la suite par d’autres auteurs chez d’autres éditeurs — mais restée inexpliquée : il faut 250 pages pour un premier roman). Il me demande d’en écrire un autre, un « roman positif ».

C’est alors que je lui refile le manuscrit de Les loups de Sherwood. Il me rappelle 10 jours plus tard pour me dire qu’il adore, mais qu’il est aussi trop court. Il me dit : « écrivez-moi une structure pour me prouver que vous pouvez en faire 250 pages et je vous signe. »

Je me mets au travail. Nouvelle version, nouvelles recherches. Je décide de donner plus de place au contexte historique (Richard Cœur de Lion était-il vraiment l’homme dépeint dans les films? Qui occupait le poste de shérif de Nottingham à son époque etc…) . Cette structure me prend un an et demi.

Quand j’en suis content, je téléphone à l’éditeur :

– Bonjour, j’ai fini ma structure !

– Quelle structure ?

– Heu… vous savez, la structure du roman que vous vouliez signer…

Après quelques explications il me remet parfaitement, mais, mauvaise nouvelle : il part de chez Plon dans un mois. Il lit malgré tout la structure, l’aime, la propose à sa successeure, L.. L. aime et me signe ! Ouf !

Et non ! Pas ouf, car ce n’est qu’une structure et qu’il me reste à l’écrire, cette nouvelle version du roman.Et depuis le tout début car tout a changé. Et, L. me prévient, j’ai un an pour le faire.

Il me faudra faire de nouvelles recherches (quand le pape écrit au roi d’Angleterre finit-il sa lettre par « See you soon » ou « Talk to you later » ?), trouver la « musique » du récit (j’ai bien mis 100 pages que j’ai dû ensuite réécrire), apporter quelques modifs à la structure.

Le livre est donc sorti en avril 2016. On peut dire que j’ai mis 6 ans à l’écrire, même si j’ai fait beaucoup d’autres choses à côté. Je serais bien embêté de dire combien de temps effectif cela m’a pris, car ce genre de projet, même quand on n’écrit pas, on y pense en dormant, en regardant des films, en lisant d’autres romans…

Nicolas Digard

Semaine prochaine : Baby Blues.

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